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Ana DanannVenez suivre les incroyables aventures de Marie et de ses amis. N'hésitez surtout pas à laisser des commentaires ... BlogDerniers billetsPagesCompteursLiensFils RSS |
11 - Histoire de pendentifPar Ana Danann :: mercredi 05 mars 2008 à 19:36
- Papa, s’écria gaiement Math avant de se mettre à rire. - Math ! Guillaume attrapa son fils en riant lui aussi. Il le serra fortement dans ses bras, tant il était heureux de le retrouver. - J’ai besoin de ton pendentif, dit Guillaume c’est pour Maman. Mais au moment où il le lui ôta, Math se mit à pleurer. - Non, mon chéri, ne pleure pas, s’il te plait ? - Maman, gémit Math, maman… Le pendentif de Math se mit à briller. Une chaleur envahit aussitôt Guillaume qui l’avait dans sa main. Il ressentit Marie l’envelopper de tout son amour. Il posa le pendentif contre la joue de son fils et Math fut lui aussi entouré de cette douce lumière, de l’amour de sa mère. Il se calma aussitôt. La chaleur s’estompa et le pendentif cessa de briller. Guillaume se sentit vide d’un coup. - Marie, murmura-t-il. Il resta perplexe un instant. - Comment est-ce possible… Il regarda le pendentif puis son fils. Math faisait la moue. Guillaume comprit qu’en lui prenant son pendentif, il lui prenait aussi le seul moyen de communication qu’il avait avec sa mère. Il laissa néanmoins son père le garder. - Maman t’a demandé de me le donner ? Math grimpa dans son lit et lui tourna le dos. - Tu boudes ? Math ne répondit, ni ne bougea. - Math, dit Guillaume en cherchant ses mots. Maman va revenir, c’est pour ça que j’ai besoin de ton pendentif.. Son fils ne lui répondit toujours pas. Guillaume se pencha vers lui et lui vola un baiser. * * * * * * Harry et Danel attendaient hors de la case. Guillaume les rejoignit. - Ça a été dur, dit Guillaume, les larmes aux yeux. - Pour nous aussi, réplique Danel avec un sourire chaleureux. - Surtout avec Thomas, ajouta Harry en riant, c’est un incorrigible petit sorcier ! Guillaume sourit en imaginant Danel et Harry chercher Thomas partout. - Vous l’avez quand même eu, demanda-t-il. - Oui ! Mais avec bien du mal ! On a réussit à le coincer avec l’aide involontaire de Louis… - Bien, dit Danel en souriant lui aussi à ce souvenir. Allons-y, maintenant. On a les derniers pendentifs ! Ils s’envolèrent aussitôt. * * * * * * - Il y en a vraiment dix-sept, répéta pour l’énième fois Caroline. - Mais oui ! Tu étais là, toi aussi, dit Nono. Tu l’as bien vu, non ? On a tous reçus un pendentif, sauf ton père ! - Vraiment ? - Mais oui. Caro, dit Julie. Calme-toi et dis-nous ce qui t’intrigue autant ! Caroline respira fortement plusieurs fois. Elle regarda ses amis puis leur raconta : - Selon une très ancienne légende, une fée peut, si elle ne veut pas que sa magie se perde ou s’échappe à sa mort, la séparer en plusieurs parts égales et distinctes, indépendantes les unes des autres. Ces parts forment une lettre sécable. En générale, c’est l’initiale du prénom de la fée… - M pour Macha ou Marie, supposa Manannan. - Exact. En séparant ces parts, on obtient des pendentifs de la même forme. La fée meurt ou erre entre la vie et la mort, selon son souhait. La fée, si elle n’est pas morte, garde un accès à ces parts ou pouvoirs, indépendamment les uns des autres. Si on assemble les pendentifs en son M initial, on recomposera la magie perdue.. - Et Marie, commença Elffin abasourdi. - Se re-matérialisera, enchaîna Caroline. Elle vivra à nouveau à nos côtés. - C’est dingue, s’exclama Ted. Alors… elle va revenir ? - J’en ai bien l’impression, dit Julie avec un sourire. Et de toute façon, qu’elle soit d’accord ou pas, elle n’a pas le choix. On a besoin d’elle ! - Pourquoi tu dis ça, demanda Nono. - Dis quoi ? - Qu’elle soit d’accord ou pas ? - Parce que moi aussi, j’ai eu un contact avec elle… - Vraiment ? - Et elle va être en colère parce qu’elle ne voulait pas que je vous en parle… - Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? Elle t’a parlé de nous ? - Oui… elle a dit qu’on lui manquait beaucoup… - Elle aussi, elle nous manque, dirent tous ses amis d’une même voix. Ils se sourirent tristement les uns aux autres. * * * * * * Danel, Harry et Guillaume arrivèrent avec les trois derniers pendentifs. Caroline les assembla aux autres. - Je ne comprends pas, marmonna Caroline. - Qu’est-ce qui se passe, demanda Julie. - Pourquoi Marie n’est pas là, l’interrogea Nono. Ils regardaient, perplexes, le semblant de « M » que Caroline avait formé. - Il me semble incomplet, dit Théodore après plusieurs minutes de réflexion - Incomplet, répétèrent tous les autres dans un murmure. - Oui, les pattes du « M » me semblent un peu courtes… - C’est vrai, dit Elffin en dessinant un M majuscule dans les airs. - Mais c’est impossible, dit Caroline d’une voix stupéfaite. Il y en a déjà dix-sept ! D’après la légende, il n’y en a jamais eu plus de huit ! - C’est qu’il doit y en avoir plus encore, supposa Guillaume. - Mais non ! - Combien y en aurait-il, se lamenta Nono. - Oh, fit Danel. Tous les regards convergèrent vers lui. Il se mit à rougir d’attirer ainsi l’attention. - Danel, l’appela Guillaume. - Oui… je… je pensais… je crois que le roi en a un aussi… - Le roi des andoli, s’étonna Elffin. - Oui… je… je l’ai déjà vu avec un drôle de pendentif… en y repensant… ce serait peut-être bien un M… - Maintenant que tu m’y fais penser, dit Harry, oui ! Il en a un ! On n’y a jamais prêté attention, mais oui ! C’est bien un M ! - Papa ! Guillaume ! Harry ! Allez le chercher, leur ordonna Caroline. Vous vous y prenez comme vous voulez ! Mais vous me le ramenez ! - Ok, acquiescèrent-ils tous les trois avant de s’envoler. - Dix-huit ? - Pourquoi pas, assura Théodore, peut-être même plus… - Dix-neuf ? - Vous devriez peut-être aller voir Arduinna… - Mais oui, s’écria Caroline. Vous avez raison, Théodore ! La reine des fées ! Elle pourra aussi me donner le nombre exact de pendentif puisque c’est elle qui a présidé la cérémonie ! Vous êtes un génie, Théodore ! Il lui envoya un sourire gêné. - Eh bien, dit-il ensuite. Qu’attendez-vous ? Caroline s’éclipsa aussitôt. * * * * * * Ils s’étaient installés autour de la case. Inquiets, Julie et Hugo en faisaient régulièrement le tour en espérant qu’une ouverture apparaîtrait. En vain. - Juju ! Hugo ! Arrêtez, leur dit Ted, vous me donnez le tournis ! Ils vinrent s’asseoir près de leur ami. - Pas de nouvelle, leur demanda Judith d’un peu loin. - Faut attendre encore, leur répondit Julie avec une voix douloureuse. - T’inquiète pas, Juju, lui dit Nono. Quand Marie sera revenu, tout rentrera dans l’ordre. - L’Etre Magique Suprême ne peut pas arrêter les épreuves, dit Fergus, je suis désolé. - Pourquoi ? - Nous sommes indépendants… - Mais vous travaillez pour elle, objecta Manannan, en cherchant les Etres Humanoïdes Exceptionnels ! - En quelque sorte… - C’est à dire ? - Eh bien, notre but est de trouver les E.H.E. pour l’E.M.S.. Il y en a un nombre très précis. Et nous n’en avons dévoilé qu’un pour l’instant, mais il y en a d’autre… - Qui ? - Vous avez survécu, non ? Manannan le regarda avec de grands yeux. Les autres se rapprochèrent. - Qu’est-ce que vous voulez dire, le questionna Elffin. - Manannan est un E.H.E., demanda Théodore. Fergus acquiesça avec un grand sourire devant les yeux ébahis de la petite troupe. - Moi, s’étonna Manannan, mais je… mais je… - Vous avez survécu à mon épreuve, dit Fergus avec un petit sourire en coin. - Mais je… je… - Vous avez échappé de peu… à la mort… je ne pouvais pas vous le dire avant, mais maintenant que je sais que l’EMS existe réellement puisque Marie est en vie quelque part, je peux vous le dire maintenant. Manannan. Vous êtes l’Etre Humanoïde Exceptionnel que nous avons découvert. Manannan ne savait que faire ni que dire. Tous ses amis lui souriaient. - Je suis un E.H.E., s’étonnait-il, je suis un E.H.E. … Il n’en revenait pas. * * * * * * Arrivés aux royaumes des andoli, Harry contacta son père. Stephen Lengley, le Comminorta actuel, les accueillit chaleureusement et les conduisit dans la salle du trône. Puis il alla les annoncer au roi. Lorsque Bérnabé Le second arriva, Danel, Harry et Guillaume parlèrent tous les trois en même temps. Le roi éclata de rire. Ils se turent alors, gênés. - Si j’ai bien compris, dit Bérnabé en souriant, dans tout ce que vous m’avez dit, vous voulez mon pendentif, n’est-ce pas ? - Oui, lui répondit Guillaume, nous en avons besoin pour faire revenir ma femme, Macha. Le roi écarquilla les yeux à cette annonce. Guillaume lui expliqua alors la légende des fées concernant les pendentifs. - C’est ça alors, murmura le Bérnabé Le Second tout en réfléchissant, je ressens toujours sa présence... quelque part… très loin… je ne comprenais pas comment sa connexion avait pu rester active… - Alors, vous le saviez, s’étonna Harry. - Non, mais… comment dire… Leur roi chercha ses mots pour essayer de leur faire comprendre. - Je n’ai jamais cessé de ressentir sa connexion… - Pouvons-nous avoir votre pendentif, majesté, demanda Danel qui avait compris, ainsi que ses deux amis, que Marie allait réellement revenir et qu’en fait, elle n’était jamais vraiment partie. - Bien sûr ! Bérnabé défit un grand pendentif en forme de M de son cou et le lui tendit. Les trois hommes, après l’avoir remercié, partirent en courant jusqu’aux portes du royaume. Ils s’envolèrent alors pour rejoindre leurs amis. * * * * * * Caroline avançait dans le royaume des fées. Plus elle s’approchait du palais, plus elle avait l’impression que les fées se cachaient. Elle n’avait pas croisé âme qui vive jusque-là. - Etrange, se dit-elle. Comme si elles savaient… Elle arriva enfin au palais, mais trouva porte close. - Vraiment bizarre… Elle tenta d’ouvrir une porte mais elle semblait fermé à clé. Toujours surprise, elle essaya une autre porte. Verrouillée, elle aussi. - Arduinna, Reine des fées, dit-elle d’une voix forte et claire, je vous demande audience. Caroline entendit une porte grincer légèrement en s’ouvrant. Elle sourit en avançant vers elle. Les fées ne pouvaient rien refuser, se félicita-t-elle. Elle entra dans le palais royal. Sa voie était toute tracée. Il lui suffisait de suivre les portes ouvertes. Elle arriva une demi-heure plus tard dans la grande salle du trône. Caroline aperçut une femme couronnée qui lui tournait le dos. La reine des fées regardait par l’une des fenêtres de la grande salle. - Bonjour, Caroline, lui dit-elle. - Bonjour, majesté. Arduinna se tourna vers elle en souriant. Caroline en eut le souffle coupé. La reine avait un énorme pendentif en forme de M qui reposait sur sa poitrine. - Que me vaut le plaisir de votre visite, demanda Arduinna. - Marie. - Vraiment, s’étonna-t-elle faussement en portant une main sur son pendentif. Vous le voulez, n’est-ce pas ? - Oui, et… Caroline hésita. - Que voulez-vous savoir, lui demanda gentiment Arduinna en inclinant légèrement la tête. - Le nombre exact de pendentif… La reine des fées défit son pendentif, s’approcha de Caroline et le déposa dans sa main. Elle se détourna puis retourna près de la fenêtre. Elle regarda au travers puis dit : - Marie est extrêmement puissante. Il en a fallu beaucoup. Elle a décidé elle-même du nombre et de qui en disposerait… - Majesté, dit encore Caroline, combien y en a-t-il exactement ? * * * * * * - Je suis un E.H.E., demanda finalement Manannan à Fergus quelques minutes plus tard d’un air désemparé. - Oui. - Et vous avez dit qu’il y en avait d’autre… - Oui. Julie. Le plus grand de tous les Espoirs. Celle-ci se tint encore plus droite, fière comme un paon. - Il y en a d’autre ? - Oh oui ! Théodore par exemple… Ce dernier repositionna ses lunettes sur son nez avec prestance. - Il y en a encore ? - Oui. Je peux encore vous citer An-Thy… - Titi, dit fièrement Hugo. Je suis fiancé à un E.H.E. ! Il soupira avec aise et un s 10 Nono ?Par Ana Danann :: vendredi 19 octobre 2007 à 17:29
Guillaume, Harry et Manannan arrivèrent les premiers devant une case qui, apparemment, n’avait pas d’ouverture. Ils en firent le tour et virent Hugo, gisant par terre, inconscient. - On arrive trop tard, dit Manannan. - Peut-être pas, répliqua Guillaume, l’anniversaire de Nono n’est pas encore passé… - Hugo, dit Harry, agenouillé près de son ami. Hugo. Réveille-toi. - Alors, demanda Danel en les rejoignant. - Où sont les autres, les interrogea Théodore. - Hugo, s’étonna Ted. Qu’est-ce qui se passe ici ? - Oh, s’exclama Manannan, j’avais oublié ! Ted ! Retourne avec Caro, Elffin et Nono ! Judith ! Danel ! Accompagnez-le ! - Pourquoi, demanda Judith. - Parce que le commanditaire ressemble à Nono… - Vous rigolez, dit Danel avec surprise. - Pas vraiment, dit Guillaume, pourquoi ? - Parce que sa grand-mère lui ressemble comme deux gouttes d’eau ! Ils froncèrent les sourcils tandis que d’autres les haussaient. - Je ne comprends rien, avoua Ted. Cette Tahi est la grand-mère de Nono ? C’est un peu tiré par les cheveux, cette histoire ! - Non, je me souviens, maintenant, dit Danel avec un regard joyeux. Nono nous a dit que sa grand-mère était morte avant sa naissance, n’est-ce pas ? Et c’est vrai ! J’ai vu sa tombe en allant voir celle de Tahi ! Je suis passé devant ! Je m’en souviens très bien maintenant ! - Mais, alors… - Laissez-moi finir ! Kuna Diallo. C’est la mère de Mariamé, Fota, Amontchi et Biba, on est bien d’accord ! Quand je leur ai demandé qui pouvait vouloir voir Nono échouer, Fota m’a dit : allez voir Kuna Diallo. Amontchi m’y a conduit ! Quand je lui ai demandé qui était cette Kuna Diallo, il m’a regardé d’un air surpris puis m’a dit : c’était ma mère. Il m’a déposé et s’est sauvé comme un voleur… - Ils le savaient, s’énerva Ted, et ils n’ont rien fait ? - Tahi était la première disciple de Daba et la plus douée. Ils ne pouvaient rien faire, je suppose… je pense que seule Nono, avec l’héritage de son arrière-grand-mère, pourra l’affronter. C’est pour ça que Tahi a du vouloir lui faire passer les épreuves… pour… s’en débarrasser… elle semble savoir beaucoup de chose sur Nono... elle doit avoir appris l’existence des pouvoirs de ses amis, aussi… - Peut-être, mais son plan se retourne peu à peu contre elle, dit Théodore. - Pas tant que ça, réfuta Fergus. Nous avons toujours une obligation envers Tahi. Même si nous pouvons modifier les épreuves à nos convenances, le but recherché par le commanditaire se doit toujours d’être atteint. - Je ne comprends pas, dit Judith, pourquoi vous en prendre à Julie, alors… - Le chagrin, dit simplement Fergus. - Comment ça ? - Tahi la sait très sensible. Elle nous a demandés de lui causer énormément de chagrin pour être sûre qu’elle échoue… - Mais grâce à Caro et Elffin, dit Manannan. Elle va tout de même la réussir, cette épreuve… ils sont tous les deux calé en potion… - Nous comptons bien la-dessus, dit Abred qui venait d’apparaître en souriant. - Elle va être très en colère, remarqua Ted. - Elle n’en réussira que mieux la troisième d’après ce que m’a dit Luchtaine. - Et la quatrième ? - Nous n’en sommes pas encore là, dit Fergus, mal à l’aise. - Y arrivera-t-elle, demanda Guillaume. - Marie est la seule à l’avoir réussi, dit-il encore. Et Manannan qui est extrêmement puissant dans son domaine, l’a raté de peu… - De peu, s’étonna celui-ci. - Oui, de très peu… - C’est pas juste, ça, se plaignit alors Manannan. - Ce n’est pas le moment de gémir, lui dit Théodore d’un ton sec. Monsieur Wittred ! Vous partez rejoindre votre femme avec mademoiselle O’Connell et monsieur Leblanc ! - Et vous, demanda Ted. Théodore répondit en s’emportant, sous les regards stupéfaits de ses amis. - Nous allons essayer de faire sortir cette Tahi de là ! L’obliger à demander l’arrêt des épreuves ! Et la détruire pour de bon ! Judith, Danel et Ted ne demandèrent pas leur reste et partirent en courant. * * * * * * Caroline tenait Nono dans ses bras et essayait de la réconforter comme elle pouvait tandis qu’Elffin étudiait la composition chimique du produit qui avait été administré à Julie pour l’endormir. - Nono, disait Caroline, calme-toi… on va y arriver… tous ensemble… je te le promets… on va sortir Juju de là et elle va revenir, je te le jure… Nono renifla. Elle regarda son amie à travers ses larmes. - Caro, dit-elle d’une voix saccadée, je ne veux pas la perdre aussi… - Juju va revenir, ne t’en fais pas. - Et toi… et Titi… - Ne t’inquiète pas, ma Nono, dès qu’Elffin aura trouvé de quoi est composé le poison, nous n’aurons plus qu’à rassembler les ingrédients pour fabriquer l’antidote… - C’est vrai ? - Oui, Nono, c’est vrai. - J’ai trouvé, s’écria Elffin d’un air victorieux. J’ai trouvé ! Nono se redressa en deux secondes, Caroline la suivit de peu. - Par contre, ajouta-t-il en baissant d’un ton, ça va pas être simple pour trouver les ingrédients… - Pourquoi, demanda Caroline. - On ne les trouve pas par ici… Nono s’effondra sur elle-même, sa crise de larmes et de peine reprenant le dessus. Caroline regarda Elffin d’un œil mauvais. - Nono, cria Ted en accourant vers elle. Elle redressa la tête. - Ted, murmura-t-elle, on ne peut pas sauver Juju parce qu’on ne peut pas trouver les ingrédients… - J’ai dit ici, dit Elffin d’un air malicieux. Danel, Judith, Caro. Je vais avoir besoin de vous. Il leur chuchota à l’oreille l’endroit où ils trouveraient ce dont il avait besoin pour préparer l’antidote. Elffin, Caroline et Judith s’éclipsèrent aussitôt. - Ne vous inquiétez pas, dit Danel à Ted et Nono avant de s’envoler, nous n’en avons pas pour longtemps… * * * * * * Hugo se réveilla et regarda ses amis avec surprise. Il se leva avec l’aide de Guillaume et Harry puis regarda autour de lui en réfléchissant. Il dit enfin d’un air triste : - Elle m’a jeté dehors… j’n’ai rien pu faire.. Titi, Fred et Emilie sont restés à l’intérieur… - Emilie, s’écria Harry, oh ! Non ! - Du calme, jeunes gens, les interrompit Manannan. Titi est avec eux, non ? Les trois jeunes hommes opinèrent. - Elle a résisté à Blodewedd, non ? Ils opinèrent de re-chef. - Vous croyez vraiment qu’elle va se laisser faire par une prêtresse vaudou ? Ils secouèrent alors la tête. - Elle résistera, dit Théodore. Elle a un sacré caractère quand elle veut. Ne vous inquiétez pas pour eux. Il y a juste les questions de mademoiselle Dechêne… Il réfléchit un instant. - Elles pourraient très bien exaspérer Tahi… - Qu’est-ce que vous voulez dire, s’emporta Harry. - Que ta petite-amie, dit calmement Guillaume, pose toujours des questions… et parfois elle tombe tellement sur le feu qu’elle n’en est que plus énervante.. - Mais, je… - Harry ! T’énerve pas, s’interposa Manannan. On veut juste dire que, parfois, l’innocence de ses questions peuvent attiser une situation. - Mais elle ne fait pas exprès ! - Bien sûr que non ! Mais c’est justement ça le problème.. Harry, tout le monde adore Emilie… mais elle a souvent le chic pour poser une question au moment où il ne faut pas… même si elle a souvent raison… - Je sais, reconnut Harry, mais… je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose… - Titi et avec elle et Fred aussi.. - Oui… - Harry, dit Fergus avec compassion, faites confiance à la nature humaine. Même si les hommes n’ont pas de pouvoirs, ils sont souvent plus débrouillards que nous… * * * * * * Danel revint le premier, une racine dans la main. Il se pencha vers Nono et demanda à Ted : - Comment va-t-elle ? - Elle est inconsolable… elle ne se remet déjà pas de la mort de Marie, alors… Caroline, Judith et Elffin apparurent au même moment. Caroline fit apparaître un chaudron et Judith alluma un feu en dessous. Elffin prit tous les ingrédients et les jeta l’un après l’autre dans le chaudron. Quelque minute plus tard, il brandit fièrement un flacon devant les yeux humides et chagrins de Nono. - Tiens, lui dit-il, c’est l’antidote ! Dépêche-toi d’aller le faire boire à Julie. Nono le regarda avec gratitude, puis, mut par l’espoir de revoir son amie en vie, elle se redressa et partit en courrant. Danel empêcha Ted de l’accompagner. - Elle doit le faire seule… - Mais elle était tellement bouleversée, dit Ted, qu’elle ne sait même pas comment elle est arrivée jusqu’ici… - Julie n’est-elle pas le plus grand des Espoirs ? Ted eut un sourire triste. - Mais elle est endormie, dit-il au bout d’un instant. - Mais Nono a l’espoir de la retrouver, ironisa gentiment Elffin. Ils se sourirent tous, un peu plus confiant. * * * * * * Nono courrait. Toujours plus vite. Droit devant elle. - Ram, cria-t-elle, j’ai l’antidote ! - Bien, répondit sa voix. Avancez encore un peu. Quelque mètre plus loin, elle vit une porte. Elle l’ouvrit et se retrouva dans la pièce blanche qu’elle avait quittée quatre vingt-cinq minutes plus tôt, constata-t-elle en consultant sa montre. Elle s’avança rapidement vers le lit et vit son amie, le visage toujours découvert, dormir paisiblement. Elle ouvrit la bouche de Julie et y versa l’antidote. Nono attendit. Quelques secondes plus tard, Julie cligna des yeux et regarda Nono en souriant. - Félicitations, ma grande, dit-elle en se jetant dans ses bas. Il était temps ! - Juju, dit Nono en pleurant de joie, j’ai eu tellement peur… - Je sais, ma Nono, mais, je suis là, maintenant. Tout va bien, d’accord ? - D’accord. - Bien. Allons rejoindre les autres, maintenant. Julie sauta à bas du lit et entraîna gaiement Nono derrière elle. * * * * * * Ils s’étaient tous rassemblés près de la case sans issue de Daba. Julie demanda : - Si quelqu’un pouvait m’expliquer la situation ? - C’est simple, dit Manannan, Titi, Fred et Emilie sont enfermés à l’intérieur de la case avec Tahi. On a aucun moyen d’entrer, ni de les faire sortir. Et aucun moyen de communiquer avec eux. - Il y a un moyen, dit-elle avec conviction. - Lequel, demanda Nono d’une petite voix. - Aucune idée… - L’Espoir n’a rien à soumettre, observa Fergus avec un sourire. - J’apporte l’espoir ! Pas les solutions, dit-elle en prenant fermement son pendentif dans la main. C’est pas la même chose ! - Et t’as même pas une petite lueur à nous fournir, demanda Guillaume. Prise d’une subite colère, elle arracha le pendentif de son cou et le jeta par terre. - Non ! Mais il a un moyen ! Il existe ! Je le sais ! - Marie, dit Guillaume. Ils se tournèrent tous vers lui. Il avait ramassé le pendentif de Julie. Il le compara au sien. - C’est marrant, dit-il pensivement, je n’y avais jamais fait attention… Il se mit à jouer avec les deux pendentifs. Caroline regarda Guillaume, puis Julie, puis Guillaume, puis encore Julie. Celle-ci lui sourit. Le visage de Caroline s’illumina de bonheur. - Mais oui, s’écria-t-elle avec joie. Tous les yeux se tournèrent vers elle. Même Guillaume détacha son regard des deux pendentifs pour le diriger vers elle. - L’Espoir vient de nous donner la lueur, s’écria-t-elle de plus belle. C’est Marie ! - Mais, tu l’as dit toi-même, objecta guillaume tristement, Marie… - Elle a raison, dit Manannan. Réfléchis ! Réfléchissez tous ! Guillaume, tu ne voulais pas venir au début, n’est-ce pas ? Il acquiesça. - Souvenez-vous, dit-il ensuite aux autres, il est tombé évanoui et à son réveil, il avait changé d’avis ! Qu’est-ce qui a bien pu le faire changer d’avis, à part un message de Marie ? - Ouais, confirma Ted, c’est vrai ! Pour Nono et moi, c’est pareil ! Ce sont nos pendentifs qui nous ont aidés à sortir du labyrinthe ! Marie ! - Et le mien, ajouta Nono, m’a aidé à retrouver Caro pour l’antidote ! Encore Marie ! - Et moi, dit encore Manannan, j’ai rêvé d’elle. Grâce à elle, je me suis rendu compte que je m’étais endormi. Je me suis réveillé et je me suis aperçu que tout le monde dormait et que Nono et Julie avaient disparu. J’ai donc pu vous réveiller ! - Guillaume, dit Caroline d’une voix claire et joyeuse, qu’est-ce que tu trouvais marrant à propos des pendentifs ? - Ben, répondit-il en hésitant, je… ils… ils ont comme des encoches… - Comme pour un puzzle ? - Dans le genre… mais en beaucoup plus petit… - Alors, on peut les assembler ! Donnez-moi vos pendentifs ! Ils obéirent aussitôt. Elffin, Manannan, Judith, Ted, Nono, Hugo et Harry lui donnèrent leurs pendentifs Guillaume lui tendit les deux qu’il avait. Caroline défit le sien de son cou et commença à les assembler. - Merde, s’écria Julie, les enfants aussi ! Louis, Thomas et Math en ont chacun un ! - Et, Fred, Emilie et Titi aussi, ajouta Judith. - Il en manque six, demanda Caroline, perplexe. - C’est exact, dit Danel, je m’en souviens bien, je suis le seul à ne pas en avoir eu un. Et nous étions dix-huit ce jour-là, il y en a donc dix-sept en tout. - Dix-sept ? 9 La case de Daba.Par Ana Danann :: jeudi 11 octobre 2007 à 15:02
- Ben… à gauche, dit Emilie. - Pourquoi à gauche, demanda An-Thy. - Juju dit toujours : quand tu ne sais pas où aller, va à gauche, suis le côté de ton cœur, tu retrouveras toujours ton chemin. Alors… à gauche… Ils se regardèrent en haussant les épaules, l’air de dire : pourquoi pas ? Ils s’engagèrent alors, Hugo le premier, dans l’escalier de gauche. Une fois qu’ils furent tous introduit, des torches s’enflammèrent. Deux mains apparurent fugitivement, semblant les applaudir. - Merci, Juju, murmurèrent-ils. * * * * * * Nono s’inquiétait de plus en plus. Cela faisait une bonne dizaine de minutes qu’elle patientait dans le noir. Aucun bruit. Soudain, une ouverture lumineuse se fit. - Venez, entendit-elle. Je suis prêt. Nono crut reconnaître la voix de Ram, la deuxième épreuve. Le cœur serré, elle s’avança. Elle pénétra dans une grande pièce blanche. Un lit y trônait au milieu sur lequel était allongée une personne recouverte d’un drap blanc. D’où elle était, Nono ne put la reconnaître. - Je vous présente un E.M.N.I., dit une voix derrière elle. Nono sursauta puis se tourna. Ram se tenait debout, un flacon vide dans les mains. Il était habillé tout de blanc, ses cheveux roux semblaient flamboyer dans la lumière. - Un être magique non identifié, s’expliqua-t-il. Cet être est l’Espoir. Il est très peu répandu. Et pour vous, nous avons attrapé le plus puissant de tous. - Trop gentil, répondit Nono, mal à l’aise. - Vous avez quatre-vingt dix minutes. J’ai empoisonné cet être. Vous avez quatre-vingt dix minutes pour trouver l’antidote ou tout espoir sera à jamais perdu dans votre monde car cet Espoir vous est lié et par delà vous, à l’être des êtres… Il déposa le flacon dans les mains d’une Nono abasourdie et disparut. Machinalement, elle regarda l’objet puis l’être, l’Espoir qu’elle devait sauver et qui était allongé sur le lit. Elle s’avança doucement et découvrit son visage. Son sang s’effaça de son visage. Son cœur fit un bond énorme dans sa poitrine. Elle se recula en haletant, sa respiration se faisant de plus en plus douloureuse. Ses yeux lui piquèrent. Elle perdit l’équilibre et tomba en pleurant. - Non, gémit-elle, pas ça… Elle frotta ses yeux, mais d’autres sanglots les inondèrent. Elle se releva difficilement, ses jambes n’étant pas très solides sous le coup de l’émotion. Elle regarda autour d’elle et, à travers un rideau de larmes, elle aperçut une porte qui donnait sur la forêt. Elle s’y précipita. * * * * * * Ils se tournèrent vers la voix qu’ils venaient d’entendre. - Fergus, s’exclama Théodore. - Je suis désolé, mais notre commanditaire n’a pas voulu changer d’avis. Alors, nous nous sommes arrangés pour pouvoir aider votre amie. - Comment, demanda Judith. - L’espoir, dit Fergus d’un air mystérieux. Il y a toujours un Espoir parmi nous. - Vous voulez dire qu’ils existent, s’étonna Manannan. - Oui. En doutez-vous ? Manannan secoua la tête, perplexe. - De quoi ils parlent, demanda Ted. - Des Espoirs, lui répondit Théodore en replaçant correctement ses lunettes sur le nez. - Des quoi, demanda Guillaume à son tour. - Un Espoir est un E.M.N.I., expliqua-t-il, un Etre Magique Non Identifié, si vous préférez… - Et alors ? - Les Espoirs ont pour habitude de vivre près des êtres magiques puissants. Marie était un être magique puissant, dit Fergus, vous devez donc avoir un Espoir dans son entourage proche. Ils se regardèrent les uns les autres avec circonspection. - Faisons simplement le calcul, dit Danel qui venait de comprendre. Nous avons trois andoli : Guillaume, Harry et moi. Des sorciers : Théodore, Manannan, Elffin, Caroline, Judith et Ted. Les êtres non magiques qui ont pu passer la pierre : Fred, Hugo, An-Thy et Emilie. - Juju, murmura Caroline d’une voix étranglée. * * * * * * - Les escaliers s’arrêtent, dit Hugo. Ça remonte en pente douce, maintenant. - Continuons, dit Fred. Les torches leur montraient toujours le chemin. Même fatigués, ils allongèrent leurs pas, allant de plus en plus vite, comme s’ils sentaient que la fin de leur périple approchait. - Une autre porte, dit Hugo quelques minutes plus tard. - Ouvre, lui ordonna Emilie. Il obtempéra. Le spectacle qui leur fut offert fut éblouissant. Des dizaines et des dizaines de chandelier s’illuminèrent de leurs bougies, leur révélant une gigantesque pièce ronde, emplie d’étagère, de tables, de livres, de bocaux. Tout était parfaitement propre et superbement bien rangé. -
Bienvenue à la fin de
votre voyage, entendirent-ils de nulle part. Je vous remercie d’avoir aidé mon arrière-petite-fille à découvrir cet
endroit. Ouvrez la porte et ma case apparaîtra à nouveau au monde. Elle pourra
y entrer et prendre connaissance de tout ce que je lui ai laissé. Merci encore. La voix se tut. Tout abasourdis, ils cherchèrent la porte. Fred la trouva le premier et l’ouvrit aussitôt. Le sol trembla légèrement. En regardant à travers la porte, Fred eut l’impression qu’ils remontaient des profondeurs de la terre. Soudain, la lumière du jour les éblouit. Ils clignèrent des yeux et sortirent de la case de Daba. * * * * * * Nono courrait droit devant elle, sans réfléchir, sans s’arrêter, en pleurant. Son pied se coinça dans une racine et elle tomba. - Non, gémit-elle, pas Juju… - Il ne vous reste de que soixante-dix minutes, entendit-elle. Elle se redressa mais ne vit personne. Elle regarda son pendentif. - Marie, dit-elle au bijou, aide-moi à sauver Julie. * * * * * * Julie avait l’impression de flotter. Elle se redressa tant bien que mal. Elle regarda sous ses pieds et eut un vertige. Elle flottait, effectivement, mais à des dizaines de kilomètre au-dessus du Parc du Niokolo Koba. - Oh ! La ! La, fit-elle. Elle regarda autour d’elle mais ne vit rien à quoi se raccrocher. Elle se recroquevilla dans un geste sécurisant et s’aperçut qu’elle n’avait, en fait, pas bougé. - Bonjour, lui dit une voix qu’elle connaissait bien. Surprise, elle leva la tête et vit une belle jeune femme aux cheveux châtains et aux yeux bleu turquoise, flotter devant elle. - Marie, demanda-t-elle au bout d’un moment, mi-craintive, mi-sceptique. Son amie opina en souriant. - Je suis morte, demanda encore Julie. - Pas encore, lui répondit Marie de sa voix douce et musicale. Tu es dans un sommeil léthargique. C’est la deuxième épreuve de Nono, elle doit trouver l’antidote qui te réveillera. Julie écarquilla les yeux. Marie souriait toujours. Elle se détourna et montra le monde à leurs pieds. - C’est beau vu d’ici, dit-elle avec un peu de peine dans la voix, n’est-ce pas ? - Oui, dit Julie avec timidité, c’est beau. - Vous me manquez beaucoup, dit Marie. - Toi aussi, tu nous manques ! Marie… tu ne peux pas revenir ? - Je ne sais pas, répondit-elle en réfléchissant. - Mais, ça serait possible ? - Peut-être… mais… Marie baissa la tête. Elle semblait inquiète. Julie s’en aperçut et demanda : - Que se passe-t-il ? - C’est Nono. Elle est trop bouleversée pour réfléchir au moyen de te sauver… elle m’appelle encore… - Tu veilles sur nous, demanda Julie avec émotion. - Bien sûr, répondit Marie avec un petit sourire gêné. C’est ma seule occupation ici, tu sais… - Marie… - Juju, dit Marie, peinée, il ne faudra rien dire de notre conversation quand tu te réveilleras. - Mais, je… - Tu es la seule à qui j’ai réellement parlé… ne leur donne pas de faux espoirs, s’il te plait ? - Mais je ne peux pas… - Juju, je t’en prie… ici, je maîtrise à peine mes nouveaux pouvoirs… imagine les dégâts que je pourrais causer… je ne sais pas, même si c’était possible, si je pourrais revenir un jour… - Mais, Marie, tu… - Juju, dit son amie en commençant à pleurer, c’est tellement difficile d’être loin de vous, de Guillaume… Math… Julie prit Marie dans ses bras en chantonnant. Puis elle lui dit : - Tu reviendras, tu verras… Marie se reprit. Elle se recula pour mieux regarder son amie. - L’Espoir a toujours raison, dit-elle avec un sourire plein de larmes. Julie lui renvoya son sourire. * * * * * * - Eh bien, voilà, se réjouit Emilie. On a réussi ! On y est arrivé ! - Oui, dit une voix, c’est fantastique ! - Nono, s’écria gaiement An-Thy en reconnaissant son amie. - Titi ! C’est génial ! Vous avez trouvé ! - Tu devrais voir l’intérieur, dit Fred avec enthousiasme. C’est impressionnant ! Tous les bocaux ! Tous les livres ! Viens voir ! Elle entra à sa suite dans la case de Daba, suivie d’An-Thy et Emilie. Elle s’extasia devant tout ce qu’elle vit : des livres de potions, un guide du rangement des bocaux remplis de plantes diverses, des notes laissées par Daba elle-même, des bougies de toutes les couleurs. Elle commença à compulser les livres. Hugo qui était resté dans l’encadrement de la porte, trouva qu’elle avait l’air de chercher quelque chose de précis. Trop précis à son goût. -
Harry ! Guillaume,
pensa-t-il très fort. Harry !
Guillaume ! Entendez-moi, s’il vous plait ? - Hugo, entendit-il. -
Guillaume ? -
Non, c’est Harry, mais
il t’entend aussi ! Comment tu fais ? -
J’en sais rien et j’m’en
fous ! Je… -
C’est parce que c’est un
appel de détresse, entendit-il de la voix de Guillaume. Hugo ? Qu’est-ce qui se passe ?
Tout va bien ? - Nono est avec vous, demanda Hugo. -
Non, elle passe la
deuxième épreuve, pourquoi ? -
C’est quoi sa deuxième
épreuve ? -
Elle doit sauver Juju, dit
la voix d’Harry, c’est trop long à
t’expliquer comme ça, mais… pourquoi tu demandes ça ? -
Parce qu’elle est devant
moi à chercher quelque chose de précis dans les livres de Daba, comme si elle
savait ce qu’elle cherchait… - Vous avez trouvé, demanda Guillaume avec entrain. -
Oui. Et Nono nous est
tombée dessus quasiment tout de suite et maintenant, elle cherche… -
Dans quel état
est-elle ? -
Trop bien pour quelqu’un
qui doit sauver une de ses meilleures amies… - Alors, on a un problème, dit Harry. -
Et un gros, dit
Guillaume d’une voix étonnée, je vois
Nono qui accoure vers nous en pleurant. - Quoi, dit Hugo. Mais alors… qui est la Nono devant moi ? * * * * * * Guillaume et Harry regardaient Nono expliquer ce qui lui arrivait, d’un air surpris. Intrigué, Fergus s’approcha d’eux et leur demanda : - Que se passe-t-il ? Ils le regardèrent du même air. Manannan qui avait réussi à suivre leur conversation avec Hugo, dit : - Votre commanditaire ressemble-t-elle à Nono ? Fergus parut troublé. - Ça répond à notre question, conclut Harry. - Caro ! Elffin ! Aidez Nono à trouver l’antidote pour Julie, dit Manannan, nous, on file ! - Où allons-nous, interrogea Théodore avec surprise. - Trouver la commanditaire ! Et ils filèrent, laissant Elffin, Nono et Caroline tous les trois. Guillaume et Harry s’étaient aussitôt envolés pour mieux capter l’esprit d’Hugo et Fred, ceux qu’ils connaissaient le mieux, les autres, pieds à terre, les suivaient en courant. * * * * * * - Marie, demanda encore Julie quelques minutes plus tard, pourquoi te caches-tu de nous ? - Je ne me cache pas, je vous protège bien mieux d’ici… - Comment ? - En vous guidant par exemple… en vous parlant dans vos rêves… Julie réfléchit un instant. - Tu as demandé à Guillaume de nous accompagner ? - Demander n’est pas le terme exact, mais oui… Elle réfléchit encore puis : - Tu as aidé Ted et Nono à sortir du labyrinthe ? - Oui, en m’aidant de ses pouvoirs… Elles restèrent silencieuses un moment. - Tu sais, Juju, lui dit Marie, c’est dur… je ne peux pas faire grand chose d’ici… si j’étais avec vous… - Je sais Marie, je sais que tout irait beaucoup plus vite, mais nous devons faire nos preuves, nous aussi… - Tu l’as déjà fait… - Moi, oui ! Caro, Elffin, Théodore aussi ! Manannan, pour ne citer que lui… Mais Ted… Nono… les autres… on doit mériter d’être à tes côtés… - Juju, la gronda gentiment son amie, ne va pas croire ce que disent les Epreuves… - Ne sois pas modeste, Marie. Et te connaissant, qui ne les croirait pas ? - Mais je suis morte, protesta Marie. Et selon la légende, l’Etre Magique Suprême ne peut pas mourir ! - Tu connais aussi cette légende ? - Ma mère me la raconté plusieurs fois quand j’étais une petite fée… - Elle savait que tu le deviendrais… - Là n’est pas la question, Juju, puisque je suis morte ! Je ne peux donc pas être l’Etre Magique Suprême ! 8 - Les EpreuvesPar Ana Danann :: samedi 15 septembre 2007 à 16:37
Ils arrivèrent à proximité du Parc National du Niokolo Koba où ils attendirent l’arrivée de leurs amis. Nono était entourée de Ted et Caroline qui la tenaient fermement. Fergus la regarda tristement. Julie demanda à ce dernier : - Quelles étaient les instructions pour les épreuves ? - Vous voulez vraiment le savoir, soupira-t-il. - Oui, dit-elle tandis que ses amis approuvaient. Il les regarda avec tristesse et appréhension. - Vous allez me détester, dit-il. - Mais non, papa, s’exclama Fred, je te le jure ! - Eh bien, les instructions étaient simples… faire que l’être ne survive pas aux épreuves… - Et je n’aurais pas réussi la première si Ted n’avait pas été là, dit Nono d’une voix dure. Son mari la serra plus fortement encore dans ses bras. - Que pouvez-vous me dire pour la deuxième ? - Rien, dit Fergus. Ce n’est pas la mienne. Et si c’était le cas, je ne pourrais pas vous le dire… - Les conditions ? - Non. C’est pour ne pas vous avantager. Nous sommes neutres… - Mais, vous nous avez amenés jusqu’ici, remarqua An-Thy. - Quand je disais neutre, je voulais dire… vous amener ici n’a rien d’avantageux, vous savez… nous sommes quatre et chacun de nous prépare sa propre épreuve, sans savoir ce que fait l’autre. Si vous arriviez à la mienne, dit Fergus en se tournant vers Nono, je serais dans l’impossibilité de vous aidez puisque vous seriez… en moi… - En vous, s’étonna celle-ci. - C’est une façon de parler… du moment où l’épreuve précédant la mienne aura été réussie, si le commanditaire n’a pas tout annulé, bien sûr, je devrais me préparer pour vous… je ne pourrais plus vous parler, je ne serais plus là… - Et à quelle place votre épreuve est-elle ? - C’est la dernière… * * * * * * - Ah ! Bah, ça alors, s’exclama Elffin, c’est pas drôle ! Ils sont déjà là ! Harry, Emilie, Manannan, Judith, Théodore, Hugo et Danel regardèrent dans la même direction que lui et virent, à leur tour, que leurs amis étaient déjà arrivés. - Manannan, l’accueillit Fergus, ravi de vous voir toujours en vie… - Merci, répondit celui-ci aussi surpris que les autres, excusez-moi, mais… pourquoi dites-vous ça ? - Fergus est la dernière épreuve, lui dit Guillaume. - Vous, dit Manannan en le pointant du doigt. C’est vous ! La colère monta si subitement en lui que Elffin et Harry eurent tout juste le temps de l’attraper avant qu’il ne s’élança sur Fergus. - Man, dit Elffin, calme-toi ! - Il a faillit me tuer, rugit Manannan. - Mais vous êtes bien vivant, lui dit calmement Fergus, non ? - Mais c’est pas grâce à vous ! - C’est le but. - Pardon ? - Le but des épreuves est de trouver les Etres Humanoïdes Exceptionnels. - Les quoi, s’étonnèrent-ils tous en même temps. - Les Etres Exceptionnels pour l’Etre Magique Suprême. - Les quoi pour le quoi, demandèrent-ils encore tous en cœur. - Mais je viens de vous le dire… Un brouhaha s’éleva. Ils parlaient tous en même temps. Les uns expliquaient aux autres, alors que certains disaient qu’ils ne comprenaient rien et que d’autre étaient dépassés par les évènements. - L’E.M.S. ou Etre Magique Suprême est l’être magique le plus puissant qui existe… et qui est invincible, expliqua calmement Caroline. Fergus opina généreusement du chef. - Marie est l’E.M.S., demanda calmement Caroline. Le silence se fit aussitôt, patient. - Effectivement, répondit Fergus avec surprise. Vous la connaissez ? - Elle est morte. Fergus pâlit. C’était impossible, pensa-t-il. L’E.M.S. ne pouvait pas mourir. - Que dites-vous, demanda-t-il d’une petite voix. - Marie est morte, dit Guillaume en déglutissant difficilement. - C’est impossible ! - Mais puisqu’on vous le dit, s’écria Elffin. On le sait quand même ! Guillaume était son mari et il vient de vous le dire ! - C’est impossible, répéta Fergus, les larmes aux yeux. - Elle avait trop de puissance, lui expliqua Théodore, elle a préféré… partir… elle aurait pu détruire le monde en ne maîtrisant pas ses pouvoirs… Fergus avait l’air effondré. Ils eurent tous mal au cœur pour lui. Les Epreuves avaient trouvé l’E.M.S.. Ils cherchaient à présent les E.H.E. qui épauleraient l’Etre Suprême. Si l’E.M.S. n’était plus, alors les épreuves, en tant que telles, n’avaient plus de raison d’être. Seuls Caroline et Manannan avaient un léger sourire. Ils se regardèrent. Caroline, gênée, masqua son sourire. Celui de Manannan s’allongea alors. * * * * * * Fergus, assis par terre, soliloquait. Fred essayait de lui parler, mais son père ne l’écoutait, ni ne lui répondait, perdu dans ses pensées. - En étant morte, Marie me sauve la vie, dit soudain Nono, d’une voix troublée. Ses amis la regardèrent avec surprise. - Elle le savait, dit-elle encore. - Comment aurait-elle pu le savoir, demanda Hugo. - Le pouvoir de divination de Blodewedd, dit Caroline, pensive. C’est possible, en effet… - Ça ne peut être que ça, dit Nono, elle est morte pour nous sauver tous ! Elle savait ce qui allait se passer ! - Et elle connaissait les Epreuves, dit Fergus d’une voix lointaine, puisqu’elle nous avait tous vaincus, nous lui avions dévoilé notre but… elle savait tout… elle était l’E.M.S. … Il s’effondra. Fred accourut vers lui, mais au même moment, trois hommes roux apparurent autour de lui. - Papa, s’écria Fred. Les trois hommes se tournèrent vers lui, surpris, puis aidèrent Fergus à se relever. Ils discutèrent alors discrètement tous les quatre. * * * * * * A bout de patience, Nono, Fred et leurs amis entourèrent les quatre hommes. Ils durent s’apercevoir de quelque chose car ils stoppèrent leur conversation. Ils regardèrent alors les quinze personnes qui les encerclaient d’un air mécontent. - Mes amis, dit Fergus, laissez-moi vous présenter Abred, la première épreuve. Le plus grand des trois hommes roux s’inclina respectueusement. - Ram, la deuxième épreuve… Le plus petit se pencha à son tour. - Et Luchtaine, la troisième… L’homme, de la même taille que Fergus, fit une petite révérence. - Nous discutions, dit encore Fergus, de nos épreuves, justement. Si l’Etre Magique Suprême n’est plus, nos épreuves n’ont plus de raison d’être… - Nous allons contacter notre commanditaire, enchaîna Abred. - Pour essayer d’annuler l’accord en cours, continua Ram, l’être étant non magique… - Et au vu de la situation actuelle, finit Luchtaine, ces épreuves ne riment plus à rien… - Vous allez annuler mes épreuves, s’écria Nono avec une joyeuse surprise. - Nous allons essayer, rectifia Fergus avec un soupir, mais vu la personne… elle voudra certainement que nous les terminions… - Faites tout votre possible, messieurs, dit Caroline. Et nous, pendant ce temps-là, nous allons continuer notre route. Nous sommes en avance, alors… autant en profiter… - Et il y a une de ces fameuses grosses pierres justes à côté de toi, dit Manannan. - Alors… cherchons nos nouvelles instructions ! Les quatre Epreuves disparurent. Fred et Fergus eurent tout juste le temps de se dire au revoir. * * * * * * Ils ne trouvaient rien. Ted, sous les protestations des autres, s’entraînait à ses tous nouveaux pouvoirs, il souleva la grosse pierre grâce à la magie. - Là, s’écria-t-il fièrement. Les instructions étaient gravées en dessous de la pierre. - Allez droit sud sud-est, traduisit Elffin. - Eh bien, allons-y, dit Nono avec empressement. Plus vite nous serons arrivés, plus j’aurais de chance d’avoir le vaudou avec moi, si les épreuves doivent continuer… Ted reposa la pierre sans délicatesse et ils prirent la route indiquée. - C’est quand même bizarre, dit An-Thy, les instructions sont trop faciles à trouver ! - Tu crois ça, demanda Manannan avec un petit sourire en coin. Elle haussa les épaules. - Réfléchis, dit-il encore, qui a découvert les symboles ? - Emilie, Hugo, Fred, Judith, Ted et moi… je ne vois pas le rapport… - Le rapport, intervint Guillaume, c’est que toutes ces personnes ont été réunis autour de Nono par Marie… - C’est Marie qui aide Nono, s’interloqua An-Thy. - Non, c’est l’amitié qui lie toutes ces personnes… sous la bénédiction de la plus puissante des fées… - Oh ! Alors… - Nous sommes les amis de Nono, continua Manannan, ceux qui doivent aider Nono dans sa quête… comme l’a voulu Daba… * * * * * * Au fur et à mesure qu’ils pénétraient dans le Parc National du Niokolo Koba. La nature se faisait de plus en plus intense. Ils s’extasiaient devant la luxuriance de la nature et la multitude d’oiseaux qui peuplaient le parc. Ils avançaient ainsi depuis plusieurs heures en file indienne, lorsque Manannan, à leur tête, leur fit signe de s’arrêter, de s’accroupir et de regarder à sa droite. Ils purent apercevoir un lion qui sommeillait. - Faites attention, murmura Manannan, s’il est là, les lionnes ne doivent pas être loin ou ne pas tarder à revenir de chasse. Restez silencieux. Ils se remirent ensuite en route, prudemment, faisant bien attention de ne faire aucun bruit. En fin de journée, ils installèrent leur campement dans les arbres pour rester à l’abri des prédateurs. - Et surtout, leur conseilla Elffin, ne laissez rien traîner. Le problème ne viendra pas des oiseaux mais des singes… Ils firent alors attention à leur affaires et les tours de garde s’enchaînèrent alors toute la nuit. * * * * * * Le lendemain, ils continuèrent leur chemin. La chaleur, la nature prolixe les épuisaient de plus en plus vite. - Une pause, demanda Julie, s’il vous plait ? Elle tomba assise. Elle n’en pouvait plus. Ils marchaient pendant des heures, ne s’arrêtant que pour manger. Fred s’approcha d’elle et la prit amoureusement dans ses bras. - Il faut continuer, dit Nono. - Je n’en peux plus, se plaignit Julie. On peut s’arrêter un peu, s’il te plait ? - Une pause ne nous fera pas de mal, décida Caroline. On en a tous besoin. - Mais, protesta Nono, je… - Une pause, l’interrompit An-Thy. On fait juste une pause. Nono s’avoua vaincue. Ils s’assirent tous ensemble. Julie s’adossa à un petit monticule. Surprise de sa dureté, elle le tâta. - Une grosse pierre, s’écria-t-elle. Juste là ! Ils se rapprochèrent un peu d’elle. - ça va pas être pratique pour trouver les indications, dit Manannan, avec tous ces arbres et toutes ces plantes… - Moi, je passe à travers, dit Emilie dont le pied disparaissait dans la pierre. - Bien ! Titi, Hugo et Fred, accompagnez-la ! - A vos ordres, répliquèrent-ils tous les trois en souriant. Ils disparurent dans la pierre, équipés de lampes électriques. * * * * * * - Installons-nous confortablement en les attendant, dit Caroline en se massant des jambes douloureuses. - Je suis bien, moi, dit Ted, allongé dans l’herbe avec sa femme dans les bras. - Moi aussi, ajouta Nono en souriant. Bien assis ou allongés, ils goûtèrent à un repos qui serait peut-être de courte durée. Ils en profitèrent alors, pour certain, à se laisser aller jusqu’à s’endormir. * * * * * * - Ma lampe ne fonctionne pas, dit Hugo. - La mienne non plus, dit Fred. - Pareil pour nous, ajouta An-Thy. - On fait comment alors, demanda Emilie, il fait noir ici ! Des torches s’enflammèrent aussitôt, leur montrant le chemin à prendre. - Il suffisait de demander dit Hugo avec un sourire. Et la lumière fut ! - Encore un couloir, râla An-Thy. Un long couloir s’étalait effectivement devant eux. - Droit et très, très long, gémit Emilie. On n’est pas rendu ! - Allons-y, décréta Fred. Le temps presse. On ne sait pas dans combien de temps les épreuves vont revenir et s’ils vont revenir… - Tout au moins les trois premières, dit Hugo en lui assenant une petite tape sur l’épaule, mais t’as raison, ne traînons pas… Ils s’engagèrent dans le couloir, sous la lueur des torches. * * * * * * Une jeune femme aux cheveux châtains et aux yeux bleu turquoise s’avançait vers lui en souriant. Manannan la reconnut aussitôt. - Marie, murmura-t-il, je… - C’est bien moi, répondit-elle, toujours souriante. Que fais-tu ici ? - Quoi ? - & |
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